Fontcouverte
 

La réalité des arbres généalogiques

Les arbres généalogiques sont une représentation classique des ascendants d’une personne.

Ils peuvent être présentés sous forme d’une image arborescente mais il est alors très difficile de représenter plus de cinq ou six générations sur un même document lisible. Ils deviennent rapidement illisibles au-delà tant le nombre d’ancêtres devient important, voire astronomique.

Avec les moyens informatiques modernes, les ascendances peuvent être présentées dans des tableaux clairs mais ne permettant pas la juxtaposition simultanée de toutes les branches de l’arbre. Il manque alors une vue d’ensemble et des points particuliers peuvent ne pas apparaître facilement.

Une solution graphique moins esthétique que celle de l’arbre pallie, au moins en partie, les inconvénients des deux représentations précédentes et tend à remplacer les arbres classiques. Il s’agit des roues des ancêtres.

 

La roue des ancêtres

Dans le cercle central de la roue se trouve la personne dont on fait la généalogie. Dans une première couronne, on place les deux parents, puis dans la seconde les quatre grands‑parents et ainsi jusqu’à épuisement des ancêtres connus. Pour chaque couple, l’épouse est placée à la suite de l’époux en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre.

Chaque couronne d’une génération porte un numéro que nous appelons « rang » : 1 pour les parents, 2 pour les grands‑parents …

L’habitude étant de placer le père dans la demi‑couronne supérieure, l’ascendance paternelle occupe la demi‑roue supérieure, la demi‑roue inférieure comportant l’ascendance maternelle.

Dans chaque emplacement sont portés le prénom, le nom, la date de naissance et celle de décès de chaque personne, la date de mariage des époux étant reportée sur le trait radial les séparant.

Certains des ancêtres théoriquement possibles n’étant pas connus, des emplacements peuvent rester vides ainsi que ceux de leurs ancêtres également inconnus.

Grâce à sa compacité, la roue permet de représenter facilement bien plus d’ancêtres que ne peut le faire l’arbre généalogique correspondant. Ainsi, une roue limitée au rang 9 (soit environ 3 siècles) peut comporter 1023 emplacements. A Fontcouverte, du fait de la limitation pratique des archives à 1587, les roues de Fontcouvertins nés vers la fin du XIXème siècle ne dépassent qu’exceptionnellement les rangs 9 ou 10.

Les personnes prises en compte à Fontcouverte

Les individus utilisés dans les roues de Fontcouverte sont issus de la structuration de la population que nous avons réalisée à partir des documents de l’état civil et d’autres informations complémentaires très généralement contrôlables. Il est rappelé les règles que nous avons appliquées.

Sont introduites dans la structuration toutes les personnes nées à Fontcouverte (connues par leur baptême ou leur naissance, voire leur décès ou leur sépulture si elles sont mortes avant leur baptême ou la déclaration de leur naissance) ; on connaît alors leur mère et très généralement leur père.

Sont éventuellement rajoutés leurs parents, leur(s) conjoint(s) et leurs enfants si ces individus ne sont pas de Fontcouverte ; les recherches ne remontent pas plus loin sauf dans des cas où l’on sait que les ascendants ou les descendants permettent de créer des liens avec des Fontcouvertins.

Le succès de la création d'une roue dépend donc de l'étendue temporelle des archives, de leur qualité, des interprétations que nous avons pu en faire... et de l'existence des ancêtres à Fontcouverte.

Les limitations des généalogies connues à Fontcouverte

Toute remontée généalogique est limitée. Les contraintes rencontrées à Fontcouverte sont les suivantes :

La date de naissance de la personne au centre de la roue conduit alors à une remontée généalogique d’autant plus grande que cette date est plus récente. Sur trois siècles, on peut s'attendre à observer une dizaine de générations.

Etat de remplissage des roues à Fontcouverte

Les limitations précisées ci-dessus provoquent un remplissage effectif partiel de la roue : les générations d’ancêtres nés avant 1587 sont pratiquement inconnues, certains secteurs de la roue le sont également au dessus d'une couronne où un ancêtre n'a pu être identifié.

On peut caractériser le succès dans l'obtension d'une roue par le « taux de remplisage » de chaque couronne (définie par son rang) calculé comme le rapport du nombre total d’ancêtres connus dans cette couronne au nombre d'ancêtres théoriquement possibles (soit 2n, n étant le rang de la couronne).

Ce calcul répété sur l’ensemble des roues élaborées pour toutes les personnes identifiées de Fontcouverte, soit 14 308 roues, permet une estimation moyenne des taux de remplissage des couronnes des roues des personnes nées une année civile donnée. Le graphique donne ces taux en fonction de l’année de naissance de la personne au centre de la roue. Ces courbes sont obtenues par lissage des valeurs annuelles observées. La courbe du rang 1 est pariquement confondue avec le bord supérieur du graphique (les parents des divers Fontouvertins sont très généralement connus).

On note que les générations se succèdent avec un décalage de 33 ans ce qui correspond à l’âge moyen des parents à la naissance de leurs enfants.

Pour illustrer l'évolution des roues en fonction de la date de naissance de la personne au centre de la roue nous appelons notre guide Marie Baptiste Bouttaz née en 1878 caractérisant l'époque 1900 puis nous retenons ses ancêtres paternels nés au plus près des années 1800, 1700 et 1600. Les roues présentées ci-dessous s'arrêtent, pour être lisibles, au rang 9 même si l'on peut remonter plus haut dans le temps pour certains ancêtres (pour Marie Baptiste on remonte très exceptionnellement au rang 14 avec un seul ancêtre vivant peut-être au XVème siècle et dont on ne connait que les nom et prénom).

La roue de Marie Baptiste comporte, jusqu'au rang 6, 127 personnes connues soit 100 % d'ancêtres connus, puis 64 % au rang 9 et 7 % au rang 11.

Ces valeurs sont à comparer aux 76 % et 4 % des rangs 6 et 11 des estimations moyennes en 1878. Marie Baptiste est nettement au dessus de la moyenne grâce à une ascendance bien établie depuis longtemps à Fontcouverte.

Vers 2000, la situation moyenne aurait pu être meilleure encore si les nombreuses migrations de la fin du XIXème et du XXème siècle n'étaient pas venues la dégrader fortement.

 

François Bouttaz, ancêtre de Marie Baptiste né en 1784, soit 3 générations avant elle, donne une roue représentative de l'époque 1800 avec 275 ancêtres connus. Tous ses ancêtres jusqu'au rang 4 sont connus. 65 % le sont au rang 6 et seulement 2 % au rang 9. On ne connait aucun de ses ancêtres au dela du rang 10. Tout celà est logique puisque François est plus proche que Marie Baptiste (de 94 ans) de la butée des archives.

Les valeurs moyennes correspondantes pour 1784 sont de 56 % au rang 6 et 1 % au rang 9. Comme son arrière arrière petite‑fille, François est favorisé dans la complétude de sa roue.

Jean Pierre Viffrey Bouttaz au rang 6 dans la lignée paternelle de Marie Baptiste est né en 1687 soit juste un siècle après de début des archives d'état civil. Cette proximité temporelle réduit fortement le développement de sa roue.

On ne connait pour lui que 24 ancêtres au total, depuis les rangs 1 et 2 qui sont complets jusqu'au rang 6 où un seul ancêtre a été trouvé par hasard dans le recencement de 1561 qui donne sa mort récente.

Ses parents et grands‑parents nous sont tous connus, 75 % de la génération au rang 3 le sont (6 sur 8 personnes) et 38 % au rang 4 (6 personnes sur 16). Au rang 5, 15 % des ancêtres sont encore identifiés.

Les taux moyens étant en 1687 de 45 % au rang 2, 6 % au rang 3 et pratiquement 0 aux rangs supérieurs, Pierre ne doit ses bonnes statistiques qu'à quelques rares personnes glanées dans les archives.

Enfin, Antoine Vifrey Bouttaz, né en 1619 et ancêtre au rang 8 de Marie Baptiste, se retrouve très près de la butée des archives à une époque où les actes d'état civil ne sont pas très informatifs. On ne connait en effet que ses deux parents, aucune trace d'ancêtres de générations antérieures n'ayant pu être trouvée.

Il a la chance d'avoir 100 % de ses parents connus mais moins de chance à n'avoir que 0 % de ses grands‑parents pour une moyenne de 45 %. C'est la loterie des effectifs très réduits d'individus puisqu'il aurait suffi qu'à son baptême le curé précise que son père est fils d'un Jean Baptiste pour connaitre au moins un de ses grands‑parents.

En résumé, le nombre d'emplacements qui ont reçu une personne identifiée des roue de Marie Baptiste et de ses 3 ancêtres est donné dans le tableau suivant.

Date de naissance 1619 1687 1784 1878
Nombre d'ancêtres identifiés 2 24 274 1284

Partant d’un ancêtre fontcouvertin quelconque connu, par exemple un arrière grand‑père né vers 1900, on peut ainsi estimer, à partir des courbes précédentes, le remplissage possible de sa roue, remplissage naturellement variable en fonction de son histoire à Fontcouverte, nos estimations n'étant que des moyennes.

Un problème des généalogies

Nous avons l’habitude de représenter nos ascendants sous forme d’arbres ou de roues sans nous rendre compte que nous demandons à ces représentations d’avoir deux fonctions bien différentes, parfois incompatibles, autant dire de faire des prouesses.

Nous voulons d’abord représenter le fait que chacun de nous a biologiquement deux parents, une mère et un père. Dans un arbre, chaque individu a donc bien au dessus de lui une bifurcation et une seule. Nous nous intéressons alors à la fonction «  est la mère » ou à la fonction «  est le père », voire «  est le grand‑père » ou «  est l’arrière grand’mère » sans nous préoccuper des personnes physiques qui replissent ces diverses fonctions. Dans cette optique, l’arbre généalogique remplit parfaitement son rôle.

Mais nous nous intéressons, aussi et surtout, aux personnes qui ont réellement assumé ces fonctions à leur époque. Nous tenons à préciser que notre arrière grand‑père était un Jean Baptiste Buisson et personne d’autre. Si nous mettons des étiquettes nominatives sur les diverses branches de notre arbre de graves problèmes apparaissent rapidement dès que nous tentons cet exercice en remontant dans l’arbre…

Essayez avec votre arbre. Peut‑être, trouverez‑vous, à l'occasion et en cherchant bien, un Pierre Vincent qui se retrouve sur plusieurs étiquettes... il peut être, d'un côté, votre arrière grand‑père mais aussi, de l'autre, votre arrière arrière grand‑père ! Fonctions et personnes ne sont pas superposables. Votre arbre devient très complexe.

C’est cette difficulté, connue des généalogistes qui remontent assez haut dans leur arbre mais probablement pas de tout le monde, que nous tentons d’éclairer et de justifier le constat que notre arbre généalogique personnel est lui-même très complexe et complètement imbriqué à celui des autres. Notre arbre généalogique cache la forêt de nos ancêtres.

Les ancêtres théoriques et les ancêtres physiquement distincts

Les ancêtres « théoriques » sont ceux auquels on s'attend en faisant une généalogie : notre père, notre mère, nos quatre grands‑parents, nos huit arrière grands‑parents... en remontant aussi loin qu'on le souhaite dans les générations et en multipliant par deux le nombre de nos ancêtres à chaque génération.

Les ancêtres physiquement « distincts » sont ceux qui sont réellement différents les uns des autres parmis nos ancêtres. Ainsi, un arrière  arrière grand‑père apparaissant dans deux branches de notre arbre généalogique ne constitue qu'un seul ancêtre distinct.

Les lignes qui suivent ont pour but d'inventorier ces ancêtres distincts parmi tous nos ancêtres théoriques.

D’où viennent ces ancêtres apparaissant plus d’une fois ?

Bien que surprenant à première vue, le phénomène est très naturel à Fontcouverte. En voici des explications.

Un couple apparaît deux fois dans la roue

A veut faire son arbre généalogique en regroupant ceux de ses parents B et C que le Curé a dû faire à l’époque de leurs mariages pour s’assurer que ceux-ci sont bien admissibles par le droit religieux. Le graphique précise, à droite et en noir, le nombre d’ancêtres « théoriques » à chaque rang. On note en particulier le nombre de 32 ancêtres au rang 5 mais les générations supérieures à ce rang comporteraient elles‑mêmes 64, 128 et 256 ... ancêtres non représentés ici.

A dispose, a priori, d’un arbre tout à fait correct, avec doublement du nombre des ancêtres à chaque génération et la possibilité de passer dans l’arbre d’une personne quelconque à une autre par un seul chemin.

Mais le Curé n’a pas de raisons canoniques de signaler à B et C qu’ils ont deux ancêtres communs P et M. Ces derniers apparaissant deux fois, nous devons fusionner (graphique ci‑dessous) le doublon P ‑ M ainsi que tous les ascendants. Le nombre restant d'ancêtres physiquement disctincts est noté à droite en rouge.

Cette fusion entraîne deux conséquences :

Compte tenu de la population relativement réduite de Fontcouverte et des nombreux mariages entre Fontcouvertins, un tel cas ne peut être que très fréquent.

Un remariage de veuf(s)

Un autre cas possible est celui d’un père P ayant un enfant S de son épouse M. Celle‑ci étant décédée, M se remarie avec une célibataire N dont un enfant F. Une occurrence de P disparaît ainsi que ses divers ancêtres, soit 15 personnes aux seuls rangs 5 à 8 et une boucle apparaît dans le schéma. F et S sont des demi-frère et sœur.

Si, de plus, N est elle‑même une veuve, une deuxième boucle apparaît et la perte d’ancêtres serait doublée, soit 30 personnes au total.

Les cas de remariage de veufs et veuves étant très répandus dans les anciens temps et les remariages pouvant se reproduire une, deux, voire trois fois, il est évident que les pertes d’ancêtres ne peuvent être que fréquentes.

On imagine ainsi que le beau chêne généalogique peut, en fait, devenir une véritable forêt équatoriale d’arbres aux branches entrelacées, greffées les une aux autres. On comprend que ce constat ne peut être fait que si la généalogie est établie sur un nombre important de générations. En particulier, les interdits de l’Eglise catholique rendent le phénomène pratiquement irréalisable sur les 3 ou 4 premiers rangs.

Un exemple de nombreuses boucles se juxtaposant ou pouvant s'imbriquer les unes dans les autres est encore donné avec quelques détails par notre guide Marie Baptiste Bouttaz.

Les ancêtres physiquement distincts peuvent donc « resservir » plusieurs (voire de nombreuses) fois dans une généalogie. Leur nombre effectif serait ainsi très inférieur au nombre théorique. Nos ancêtres « théoriques » de l’an 800 (soit il y a 40 générations environ) seraient en nombre supérieur à la population mondiale estinée sous Charlemegne. Nous savons maintenant où est l'erreur !

Des exemples concrets à Fontcouverte

Les cas d’ancêtres se retrouvant plusieurs fois dans une généalogie sont extrêmement nombreux. C’est pratiquement le cas général observé dans les archives pour les Fontcouvertins nés à partir du XVIIIème siècle. Pour les plus anciens, les archives ne fournissent pas de documents d’état civil de quantité et de qualité suffisante pour quantifier objectivement le phénomène du réemploi des ancêtres mais le prouvent de façon qualitative.

Nous utilisons la représentation généalogique sous la forme de roue, la plus apte à illustrer notre analyse et nous l’appliquons à deux cas en nous limitant, pour des raisons de lisibilité, aux 9 générations précédant celle de la personne au centre de sa roue. Il est rappelé que chaque couronne d’une roue, correspondant à une génération, est précisée par son rang croissant de 1 en 1 à partir de 0 pour la personne centrale.

La roue de Pierre Joseph Sibué né le 20 juillet 1855

Nous retenons ce cas parce que les 7 générations précédant celle de Pierre Joseph sont constituées de personnes qui ont pu être pratiquement toutes identifiées dans la structuration de la population. Il s’agit donc d’une roue au taux de remplissage supérieur à la moyenne de Fontcouverte ce qui laisse espérer une illustration précise du réemploi des ancêtres.

En parcourant la roue, on constate que le même couple est noté en deux emplacements différents au rang 6. Il s’agit de Pierre Dominjon né le 21 mai 1685 et de son épouse Michelle Collet née le 12 novembre 1685. Les deux personnes situées sous ces deux emplacements du couple sont alors deux sœurs Denise et Louise Dominjon.

Si les deux emplacements d'un couple comportent les mêmes personnes, il est évident que les 56 ancêtres théoriques situés aux rangs supérieurs (7, 8 et 9) correspondent à 28 doublons, que les ancêtres aient pu être identifiés ou non dans la structuration de la population. Glisser la souris sur la roue pour les faires tous apparaitre. De ce seul fait, le nombre total d’ancêtres distincts est ainsi de 30 personnes inférieur à celui théoriquement possible.

La répétition de la recherche de doublons dans l’ensemble de la roue, qui ne peut être faite de façon sure que par voie informatique, conduit au graphique suivant où chacune des différentes couleurs représente des regroupements de personnes que l’on rencontre plus d’une fois.

On note les points suivants.

Le graphique ci‑contre présente pour chaque rang générationnel le rapport du nombre des personnes réapparaissant au moins une fois au nombre des personnes que nous avons pu identifier à ce rang.

Après les cinq générations contraintes par l’Eglise, le taux croit régulièrement avec le rang montrant la progression des interactions multiples entre familles. Au-delà du rang 10 les effectifs en cause sont très réduits mais rien n’empêche de penser qu’au delà du rang 11 toute personne réapparait au moins une fois de façon quasi certaine. En tout cas, la probabilité de réapparition d'une personne ne peut que croitre avec le rang ; seules de très rares personnes, en particulier celles étrangères à Fontcouverte, font que la limite de 100 % du taux peut ne pas être strictement atteinte.

Enfin, un graphique donne la répartition, parmi les personnes identifiées dans la roue (complétées au-delà du rang 9), en fonction du nombre de leurs réapparitions.

La moitié des personnes ne réapparaissent pas, en particulier celles de la partie centrale de la roue, mais un quart des personnes réapparaissent 1 fois. Ensuite la proportion décroit fortement mais des ancêtres se manifestent jusqu’à 14 fois. Une telle personne occupe dans la roue autant de place que 15 personnes ne réapparaissant pas.

La roue de Charles Joseph Bouttaz né le 19 mars 1868

Cet exemple est pris pour illustrer la double apparition de personnes à un rang relativement bas, ici 3. Les ancêtres communs Jean Baptiste Bouttaz né le 21 juillet 1779 et Jeanne Collet née le 1er février 1776 ont deux enfants, Jean Pierre et Euphrosine Bouttaz respectivement grand-père paternel et grand’mère maternelle de Charles Joseph. Les parents de Charles Joseph sont donc cousins germains, la loi française en 1867 n’interdisant plus un tel mariage contrairement aux règles de l’Eglise à l’époque sarde.

Dans la roue de Charles Joseph deux quarts (au dessus du rang 2) sont donc entièrement constitués d’ancêtres intervenant au moins deux fois. Glisser la souris sur la roue pour les faire apparaitre. De ce seul fait 254 ancêtres de rangs inférieurs à 10 sont à déduire des ancêtres théoriques.

Une autre particularité de la roue est l’apparition d’un ancêtre externe à la paroisse, Marguerite Féjoz, née le 17 juin 1785 à Saint‑Jean‑d’Arves et dont nous n’avons donc pas recherché les 126 ascendants des rangs 4 à 9, pour la plupart probablement originaires de cette paroisse, bien que nous sachions que certains d’entre eux interviennent aussi à Fontcouverte.

La roue complète au rang 9 de Charles Joseph Bouttaz montre encore, en dehors de la demi‑roue Bouttaz, de nombreux secteurs occupés par des ancêtres communs appartenant ou pas à la demi‑roue. On retrouve l’abondance des réemplois, en nombre croissant avec le rang ainsi que le secteur vide de Marguerite Féjoz.

Le graphique présente les taux de réemploi aux différents rangs. L’effet du mariage consanguin fait passer directement le taux de réemploi à 25 % dès le rang 3 et à 50 % au rang 5 tandis que l’accroissement du taux auquel on peut s'attendre à partir du rang 4 est partellement perturbé par la non prise en compte des ancêtres de Marguerite Féjoz.

Enfin, aux rangs supérieurs à 10, la courbe se rapproche rapidement de celle de Pierre Joseph Sibué (voir ci‑dessus) que l'on peut prendre comme référence à Fontcouverte.

Avec les conventions de la roue précédente de Pierre Joseph Sibué, le graphique ci‑contre donne encore, en fonction du nombre de réemplois, la proportion des personnes identifiées dans l’ensemble total des ancêtres distincts reconnus dans la roue. Il montre l’effet du mariage consanguin : on trouve que les ancêtres réapparaissant 1 fois sont en proportion supérieure à celles des ancêtres n’apparaissant qu’une seule fois, celle des ancêtres réapparaissant deux fois étant encore importante (effet immédiat du doublement des deux quarts de la roue). Exceptionnellement 1 ancêtre se retrouve 10 fois et 2 le font 12 fois. A eux seuls ils apparaissent autant que 48 ancêtres ne se manifestant qu'une seule fois.

Des ancêtres peu nombreux mais très concernés !

Bien que limitées pratiquement aux ancêtres de rang 9, les roues nous ont largement éclairés sur le fait que nos ancêtres directs sont physiquement bien moins nombreux que ceux auxquels on peut s’attendre en pensant au doublement des ancêtres à chaque génération. Au-delà du rang 9, le phénomène ne peut que s'amplifier.

Pour contrôler nos dires, nous pourrions envoyer à nos ancêtres « théoriques » connus, sans même remonter au XVIème siècle, une invitation à un grand repas familial. Il est certain que beaucoup recevraient plusieurs invitations mais que la plupart des couverts resteraient inoccupés !

Fontcouverte n’est probablement pas un exemple généralisable à Turin, Paris, Chambéry ou même Saint‑Jean‑de‑Maurienne. On sait que 75 % des mariages se font entre Fontcouvertins ce qui favorise les réemplois d’ancêtres. On peut cependant considérer le phénolmène comme commun aux paroisses montagnardes de Maurienne.

Une conséquence qui peut être défavorable à la santé des Fontcouvertins : la consanguinité

La recherche des ancêtres qui apparaissent plusieurs fois dans une roue des ancêtres révèle que la plupart les époux fontcouvertins ont des ancêtres communs.

Le fait que deux époux aient un ancêtre en commun est la définition même de la consanguinité. Pratiquement, tous les couples fontcouvertins sont donc consanguins et riquent donc d'avoir hérité, chaque conjoint de son côté, d'un caractère particulier (éventuellement néfaste) de cet ancêtre. Heureusement, on montre que plus l'ancêtre commun est éloigné des époux dans les générations plus la probabilité de cet héritage est faible (division par 2 à chaque génération). Des consins germains ont une forte consanguinité mais des cousins issus de germains ont une consanguinité moitié des précédents. On comprend alors les précautions de l'Eglise, même si la raison n'est pas celle‑là à l'origine, interdisant en principe les mariages quand un ancêtre commun apparait à moins de 5 générations au dessus des futurs époux.

La multiplications des ancêtres communs ne fait que renforcer cette consanguinité. Bien que le constat des conséquences soit difficile à faire dans les archives de la communauté, il est possible de montrer des cas de groupes atteints de tares familiales pouvant être grâves et conduisant, en particulier, à de nombreuses morts à la naissance. Les probabiltés liées à la consanguinité apparaissent faibles... tant qu'elles ne nous choisissent pas comme victimes !